Jean Couty, un peintre témoin de son temps
Jean Couty (1907-1991) est un peintre lyonnais majeur du XXe siècle et une figure reconnue de la peinture française moderne et figurative. Profondément attaché à Lyon, sa ville natale, il en a peint les paysages, les rues, les architectures et les habitants, offrant à travers son œuvre un regard singulier sur la ville et sur la société de son époque.
Son inspiration dépasse cependant largement les frontières lyonnaises. Jean Couty aime peindre les paysages de France, les églises romanes, les grandes villes du monde, mais aussi les femmes et les hommes qu’il côtoie. Anonymes, ouvriers ou personnalités célèbres deviennent les sujets d’une peinture profondément humaine, attentive au réel et au quotidien.
Jean Couty, un peintre lyonnais reconnu à Paris
Après la Seconde Guerre mondiale, sa carrière prend une dimension nationale. Katia Granoff, rencontrée à Lyon pendant la guerre, lui consacre dès 1945 une exposition personnelle dans sa galerie parisienne. C’est à cette occasion que Picasso aurait notamment admiré son tableau Le Bénédicité. Jean Couty exposera ensuite pendant plus de quarante ans à la Galerie Katia Granoff à Paris, affirmant durablement sa place parmi les grands peintres français de son temps.
Son travail est récompensé par plusieurs distinctions, dont le Grand Prix de la Critique de Paris en 1950 et le Grand Prix des Peintres Témoins de leur Temps en 1975.
Une œuvre entre peinture figurative, paysages et scènes de vie
L’œuvre de Jean Couty explore des thèmes directement inspirés par le labeur des hommes, la puissance des paysages et la profondeur du sentiment religieux. Ses tableaux forment une vaste fresque de son époque, à la fois réaliste, expressive, dramatique et empreinte d’espoir.
Jean Couty ne cherche pas tant à délivrer un message qu’à témoigner du temps présent par la peinture. Pour lui, chaque sujet mérite de devenir une œuvre : des ouvriers du métro aux scènes de rue, des figures populaires aux personnalités célèbres, d’un baptême dans une église de campagne aux fastes des funérailles papales.
À travers cette grande diversité de sujets, Jean Couty peint le réel avec intensité et émotion. Son œuvre constitue aujourd’hui un témoignage majeur sur Lyon, la France et la société du XXe siècle, tout en affirmant une vision profondément personnelle et humaniste de la peinture figurative.
Biographie
Ses parents sont originaires de la Creuse. Ses ancêtres sont paysans et maçons.
Création à Lyon, du groupe Ziniar, autour des critiques d'art Marius Mermillon et Georges Besson.
Il a 15 ans lorsqu'il rencontre l'architecte Tony Garnier qui lui conseille de suivre les cours de l'école des Beaux-Arts de Lyon.
Il entre dans la classe d'architecture de Sainte-Marie Perrin. Il obtient le premier prix d'archéologie sous la direction d'Henri Focillon. Création par les Ziniars, du Salon du Sud-Est, Palais des Expositions, quai de Bondy, Lyon 5e.

Réalise ses premiers dessins d'églises romanes. Il va également souvent dessiner à la gare d'eau de Vaise.

Après une visite à l'Hôpital du Vinatier, Couty peint "La Parabole des fous", puis il peint à Rives-de-Gier, les Hauts-Fourneaux. Création du groupe Témoignage, autour de Marcel Michaud (galerie Folklore), René-Maria Burlet (Académie du Minotaure) et Albert Gleizes (à Moly Sabata).

Jean Couty obtient son diplôme d'architecte DPLG. Il est nommé sociétaire au Salon du Sud-Est où il expose "Sans travail". Le tableau est remarqué par deux critiques d'art, Georges Besson et Marius Mermillon dont Couty va faire la connaissance. Création du groupe Les Nouveaux (Pelloux, Chartres, Vieilly, Chancrin, Aynard, Besset et Carlotti).
Couty se joint au groupe Les Nouveaux. Par l'intermédiaire de Georges Besson. Il expose une toile à la galerie Braun à Paris.

Son tableau La Mère reste seule exposé à Paris au Salon des Indépendants est remarqué par André Lhote. Couty exposera régulièrement aux Indépendants ainsi qu'au Salon d'Automne.

L'Etat achète la toile "Bords de saône" aujourd'hui propriété du Musée Denon de Chalon-sur-Saône. Il expose plusieurs toiles à la Galerie Worms.
Effectue des recherches sur la nature morte.
à Lyon à la caserne du "le Fort-Lamothe".

Peint des portraits à l'Hospice de la rochette ainsi que chez les pères capucins et franciscains. Couty se lie avec les écrivains Claude Aveline et Louis Martin-Chauffier et fait la connaissance de Katia Granoff qui deviendra son marchand à Paris. Il fait le premier dessin de la résistance dans Les Temps Nouveaux.



Il sera montré par la galerie jusqu'en 1997. Il expose plusieurs toiles dont Le Bénédicité remarquée et admirée par Picasso et aujourd'hui propriété du Musée des Hospices civils de Lyon. Jean Couty exposera régulièrement dans la galerie pendant plus de quarante ans. L'Etat achète la toile "Portrait d'un théologien".

Travaille à l'Hospice de la Rochette. Pour ses natures mortes travaille le thème le pain et le vin. Participe à une exposition collective d'art contemporain au musée du Luxembourg.

Exposition collective au Whitney Museum, à New-York. Participe à une exposition d'art sacré en Amérique du Sud. L'Etat achète Les deux vieilles (ou Les femmes au bol), exposé à la galerie Granoff. Couty offre une toile à l'Institut français d'Athènes où il participe à une exposition aux côtés des grands de l'Ecole de Paris (Picasso, Matisse, Braque, Marquet...). Une peinture est vendue aux enchères au profit des oeuvres soutenues par l'Unesco.


Couty reçoit le grand Prix de la Critique de Paris un an après Buffet et Lorjou. L' Etat achèle plusieurs toiles de Couty : La femme à la chaise, Le repas et L'ouvrier emboutisseur. Une grande toile intitulée La Mort est acquise par Jean Cassou, pour le musée d'Art Moderne de la Ville de Paris. La presse est abondante et élogieuse.


Lors d'un voyage en Hollande, Couty est bouleversé par La Beethsabée de Rembrandt. De retour, il peint une série de vues du port d'Amsterdam. Il est nommé pour le Prix de la Triennale de Menton. Il participe à l'exposition d'art contemporain à Ljubljana. L'Etat achète la toile Nature morte à la nappe turque et la toile Le chandelier.



Jean Couty est le premier peintre qui illustre le billet de la loterie nationale. Il commence une série consacrée aux églises romanes qu'il exposera à la Galerie Katia Granoff. Un ouvrage sur ce thème paraîtra sous la plume de Lydia Harambourg (historienne et critique d'art pour la Gazette Drouot), chez Ides & Calendes, à Neuchâtel, en 1998. Mourlot, à Paris édite une lithographie Les Gardes Suisses.
Invité à la galerie Charpentier à Paris pour une exposition de l'Ecole de Paris. Il est fait chevalier de la légion d'honneur. Salon des peintres témoin de leur temps. L'Etat achète "la cathédrale du Puy", toile qui se trouve aujourd'hui au Musée de Cambrai.

Mourlot à Paris édite une lithographie représentant l'église romane de Semur-en-Brionnais. Exposition Galerie Katia Granoff.

Couty illustre pour le livre un texte de Jean Giono, intitulé Routes et chemins, paru aux éditions des Peintres Témoins de leur Temps. L'Etat achète la toile représentant l'abbaye de Moissac.

Couty entreprend un voyage en Espagne, via la Corrèze. Mourlot édite à Paris, une lithographie intitulée Le Chandelier. Il illustre pour le livre L'Événement, un texte de André Flament, édité par les Peintres témoins de leur Temps.

Couty visite la Bretagne, le Poitou et la Charente. Il se rend aussi en Allemagne. Les Nations Unies éditent 2 cartes postales pour Noël (Eglise de St Saturnin et Eglise d'Elne). L'Etat achète L'église de Saintes exposée chez Granoff, et qui se trouve aujourd'hui au Musée des Beaux-Arts de la Rochelle.

Expose à la galerie Baukunst à Cologne. Participe à l'exposition 35 peintres au musée de l'Athénée à Genève. Voyage dans le sud de l'Italie. La ville de Paris, acquiert au salon des Peintres Témoins de leur Temps, la toile intitulée Le Pain et le vin. Mourlot édite à Paris, une lithographie intitulée Collonges la rouge. Voyage en Italie (Venise, Sicile).

Décès de sa mère (un de ses portraits peint en 1939 est exposé au Musée des Beaux-Arts de Lyon). Il rencontre et épouse Simone Drevon. Exposition à la galerie Verrière à Lyon. Séjour à Venise. L'UNICEF édite des cartes postales de Noël au profit de l'enfance défavorisée. Daragnès édite un dessin lithographié intitulé La Solitude. L'Etat achète la toile La Saône.
Voyage en Espagne (Andalousie). Le couple donne naissance à un fils unique qu'il prénomme Charles-Olivier. Couty est médaillé par la ville de Montrouge. Il reçoit le grand Prix de l'Académie de Mâcon.



Exposition Galerie Drouant à Paris. Long voyage en URSS. Couty est lauréat du Grand Prix des Peintres Témoins de leur Temps avec la toile Le Chantier du Métro. Exposition Galerie Katia Granoff.
Il se brûle accidentellement la main et ne pourra pas peindre pendant plus d'un an.
L'Espace Lyonnais d'Art Contemporain (ELAC), créé par les critiques d'art lyonnais organise une rétrospective intitulée Le Peintre et le format. Couty y est présenté par Jean-Luois Maubant, avec Hantaï et Fougeron. Voyage en Grèce et en Crète.


Le Musée d'Art Moderne de la ville de Paris présente 41 toiles Jean Couty, les chantiers de ce temps (du 4 Octobre au 11 Novembre). Le catalogue est préfacé par Pierre Mazars et comporte un texte de René Deroudille. Il reçoit la médaille d'honneur de la société d'encouragement au progrès.

Rétrospective à la Maison pour Tous à Annemasse. Voyage à Ceylan (Sri Lanka). Don de la toile Construction de l'auditorium au Musée d'Art Moderne de la ville de Paris.

Participe à l'exposition collective Cent ans d'achats de la ville de Lyon à l'Elac. Plusieurs grandes toiles sont consacrées à New- York, la nuit.
Couty hérite du fauteuil de René Chancrin (1911-1981) à l'Académie des Sciences, Belles Lettres et Arts de Lyon. Un dessin de Couty représentant Le Palais Saint-Jean – siège de l'Académie – sert désormais de motif aux documents de la dite assemblée. Exposition Galerie Katia Granoff.
Exposition à la mairie de la Croix-Rousse. Couty dessine – à la demande de BG – la couverture de l'hebdomadaire diocésain L'Essor du Rhône (N°1956 du 20 Avril). Le peintre choisit le thème de Pâques. Il représente Jésus triomphant au dessus d'un paysage urbain.
Exposition à la galerie Granoff à Paris. Exposition à la mairie de la Côte-Saint- André.
Gilbert Carrère, Préfet de la Région Rhône-Alpes (et actuel président de l'association des Amis de Jean Couty) remet à Jean Couty, la médaille de Commandeur des Arts et Lettres. Une exposition rétrospective est accueillie à la Malmaison (Champagne-au-Mont-d'Or), par la Fondation Léa et Napoléon Bullukian, rappelant les liens amicaux que l'artiste et le mécène ont toujours entretenus.

Exposition galerie Katia Granoff sur le thème Les Cathédrales. Invité d'honneur au musée de la Grotte à Lourdes où lui est décerné le Prix du Peintre de la Lumière et de la Spiritualité. Exposition collective au Japon dans les villes de Tokyo, Osaka, Hiroshima et Fukuoka. Edition d'une lithographie Le beaujolais nouveau. Voyage en Belgique.

Couty offre à Jacques Oudot, Le Résistant pour le musée de la Résistance et de la Déportation de Lyon. Exposition à la fondation Vasarely à Aix-en-Provence. Rétrospective Couty à l'Auditorium Maurice Ravel. Couty réunit dans un ouvrage monographique les textes de ses amis écrivains et critiques d'art. La réalisation est confié à Georges Daru et Alain Vavrot. Edition d'une lithographie Rochers au soleil jaune. Couty reçoit pour la deuxième fois le Prix du Groupe Paris-Lyon.


